29/08/2010

Prédictions, prophéties

La prédiction ou prévision, concerne le plan naturel. Elle est le plus souvent le résultat d'une série de calculs ou d'observations (prédictions astrologiques) ou même simplement la conclusion logique d'un raisonnement.

 

La prophétie ou divination, se rapporte au plan surnaturel et prétend être d'inspiration divine. Aussi est- elle vague, ambiguë, susceptible de nombreuses interprétations.

 

La prophétie définit rarement l'événement qu'elle annonce et ne le situe jamais dans le temps. L'exemple le plus fameux de prophétie incompréhensible est l'Apocalypse de l'apôtre saint Jean. D'après les autorités religieuses, cette obscurité, qui ne se dissipe que lorsque l'événement prophétisé est accompli, est parfaitement voulue. Le but des prophéties ne serait pas, en effet, d'avertir les hommes ni de les mettre en garde, mais seulement de leur prouver l'existence d'un Etre supérieur pour qui le temps n'est pas une quantité mensurable. Le passé, le présent et l'avenir ne sont que des repères conventionnels établis par l'homme. Dieu, d'un seul coup d'oeil, volt l'Eternité, ainsi qu'il est dit dans la Pharsale: « Tout se présente à la fois, le premier et le dernier jour du monde. » Pour manifester sa science, il indique à certains privilégiés quel ques- uns des événements qui marqueront notre vie.

Toute prophétie nettement formulée, comportant des précisions de dates, de faits et de personnes, doit être tenue pour douteuse

La révélation de saint Jean ou Lettre aux Eglises, connue sous le nom d' «  Apocalypse », est une description très minutieuse d'un spectacle contemplé pendant une extase. Le voyant se borne à raconter ce qu'il a vu par permission spéciale, sans essayer d'expliquer ce qu'il ne comprend pas lui- même.

Voici un fait assez récent pour être contrôlable en tous ses détails. En 1896, une « voyante », Mlle Henriette Couëdon, se disant inspirée du ciel, aurait débité en un style bizarre, des « prophéties » qui obtinrent un grand succès de curiosité. L'une d’elles aurait été ainsi formulée :

Près des Champs- Elysées,

Je vois un endroit pas élevé,

Qui n'est pas pour la piété,

Mais qui en est approché

Dans un but de charité,

Qui n'est pas Ia vérité.

Je vois le feu s'élever

Et les gens hurler,

Des chairs grillées,

Des corps calcinés,

J'en vois comme par pelletées...

Un an plus tard, au commencement de mai 1897, eut lieu la catastrophe du Bazar de la Charité. Il est bien certain qu'aucune des paroles de Mlle Couëdon ne précisait ni la date, ni le lieu du sinistre, mais il est non moins vrai que tous les détails prétendus donnés par elle s'adaptent à la réalité des faits accomplis.

 

La prédiction se réalise, ou ne se réalise pas, mais elle est généralement assez claire pour être facilement comprise

Trois, dont l'authenticité est indiscutable, se rapportent à la Révolution française, dont elles indiquent la date et dont elles résument les principes dominants. La similitude des termes employés par trois auteurs ayant vécu à des époques différentes permet de supposer que les deux derniers se sont inspirés de la proposition formulée par leur devancier. Ils avaient donc jugé que la prédiction était digne d'être reproduite.

En 1414, Pierre d'Ailly, chancelier de l'Université de Paris, et Gerson, le célèbre théologien, écrivaient dans un ouvrage ayant pour titre Imago mundi la phrase suivante, que nous traduisons littéralement

« De nombreuses, grandes et étonnantes transformations du monde, et surtout à propos de lois civiles et de sectes religieuses, auront lieu en l'année 1789 ».

La même prédiction fut reproduite en 1548 par Richard Roussat, dans un livre ayant pour titre « De l'estat et mutation des temps »:

Mesme les astrologues disent estre à venir environ les ans de Nostre Seigneur mil sept cens octante et neuf (1789), avec dix révolutions saturnales, et oultre environ 25 ans après (1814) de très grandes et espouvantables mustations et altérations en iceluy universel monde : mesmement quant aux sectes et loix.

Enfin, le médecin de Henri II, le fameux Michel de Nostre-Dame, plus connu sous le nom de «  Nostradamus », reprend à son tour la même annonce. La prédiction de la Révolution fait l'objet du paragraphe 140 de la lettre à Henri II. Elle précise même que les plus grands mouvements populaires se produiront en l'an mil sept cens nonante deux (1792), « que l’on cuydera estre une renovation de siècle ».

 Tous les événements intéressant l'humanité sont, depuis de nombreuses années, depuis des siècles même, en état de préparation, d'aucuns diront « en puissance ». Les cataclysmes d'ordre physique ne se produisent que lorsque les courants, les feux, le gaz souterrains ont suivi certaines directions, brisé ou contourné certains obstacles. On peut concevoir que des instruments d'une sensibilité supérieure soient un jour construits pour déterminer la nature de ces courants et en mesurer l’intensité. Le sismographe n'enregistre- t- il pas les moindres frémissements de l'écorce terrestre ?

De même, les actes humains existent en germe dans le tréfonds psychique des individus. Des courants de volonté se transmettent de père en fils, de génération en génération, se modifient, sont canalisés pour confluer au cratère d'où jaillira la révolution ou la guerre.

Certains êtres sont influencés par ces ondes occultes, comme les récepteurs de télégraphie sans fil sont actionnés par les ondes hertziennes. Nous connaissons tous, d'ailleurs, des hommes sujets à des « pressentiments » nettement caractérisés. Ceux qui lisent dans l'avenir sont doués d'une sensibilité de même nature, mais à un degré infiniment plus élevé.

12:49 Écrit par Georges Le Belge dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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