04/09/2010

2012 ou 2036 ?

apophis.jpg

 

On sait de façon certaine qu'Apophis, astéroïde d'environ 270 mètres de diamètre pour une masse de 27 millions de tonnes, pourrait croiser l'orbite de la Terre le 13 avril 2036. Un choc éventuel dégagerait une énergie équivalente à plus de 500 mégatonnes, soit 35 000 fois plus que la bombe larguée sur Hiroshima le 6 août 1945. Le risque d'une collision frontale est mince (1 chance sur 45 000, semble-t-il), mais le dommage serait immense. Que fait-on pour se donner les moyens de dévier ce monstre? Presque rien, sinon discourir sur un éventuel projet de traité international qui devrait bientôt être soumis à l'ONU.

 

Plus grave encore: beaucoup de spécialistes murmurent que la transformation du climat, aggravée ou non par l'activité humaine, pourrait avoir, à court terme, des conséquences mortelles pour l'espèce humaine. Soit elle libérerait des bactéries contenues dans la toundra sibérienne (plus précisément dans la merzlota, terme russe pour définir le pergélisol, la partie gelée du sous-sol de la toundra), entraînant la production de méthane et de protoxyde d'azote, ayant beaucoup plus d'impact sur le climat que le gaz carbonique. Soit parce que cela libérerait directement des puits de méthane aujourd'hui piégés dans des cristaux d'eau, qui répandraient sur la planète un nuage asphyxiant. De ces hypothèses, beaucoup de savants parlent ; certains ont mesuré la présence de ces bactéries dans la mer de Laptev, en Russie, au bord de l'océan Arctique.

 

Certains avancent une date pour la catastrophe: 2012. Le nouveau secrétaire à l'énergie américain, Steven Chu, Prix Nobel de physique, dit lui-même son inquiétude: "La grande peur, c'est que la toundra se réchauffe, que ces microbes se réveillent et s'attaquent à ces réserves de carbone, qui seraient libérées dans l'atmosphère. Dès lors, quoi que fassent les humains, la situation serait hors de contrôle."

 

D'autres savants, rassurants, disent au contraire que l'impact de ces bactéries sur le climat n'aura pas lieu avant 20 000 ans, en particulier parce que le niveau des mers va monter...

 

???

Transportons-nous en 2029 :

Vendredi 13 avril 2029. Massés en divers endroits propices d'Europe de l'ouest et d'Afrique du nord, des milliers d'astronomes, autant amateurs que professionnels observent un petit point de troisième magnitude qui parcourt rapidement (42 degrés par heure) le ciel étoilé. Apophis, un astéroïde récemment découvert, vient de croiser la Terre.

 

Ce qu’on avait constaté 25 ans avant :

 

L'alerte a été donnée pour la première fois durant les vacances de Noël 2004. Des équipes de scientifiques du Jet Propulsion Laboratory (JPL) et de l'université de Pise, spécialisées dans la prédiction des impacts d'astéroïdes, ont constaté en même temps qu'un de ces petits corps risquait, avec une chance sur 200, d'entrer en collision avec la Terre le 13 avril 2029. Un vendredi 13, ce qui ne s'invente pas !

 

 

 

La solution ?

 

Si le danger de collision avec la Terre persiste, diverses solutions seront alors envisagées. L'utilisation de charges explosives pour désintégrer l'astéroïde fait actuellement l'unanimité… des producteurs de cinéma, qui oublient tous en chœur que la multiplication des fragments en augmenterait encore considérablement le risque.

L'idée salvatrice viendra peut-être d'une étude d'Edward Lu et Stanley Love, deux astronautes de la NASA, qui proposent de positionner et maintenir un vaisseau spatial de la taille d'une simple cabine Appolo à proximité immédiate d'Apophis au moyen de moteurs ioniques fonctionnant à l'énergie solaire. Selon leurs calculs, la seule force d'attraction entre les deux objets suffirait à dévier l'astéroïde des quelques centaines de mètres nécessaires afin qu'il manque le couloir de 620 mètres de diamètre qui l'amènerait, en 2029, à percuter la Terre sept années plus tard.

 

 

D'autres solutions sont envisagées, notamment par une commission présidée par l'ancien astronaute d'Apollo 9 Rusty Schweickart. Miroirs gonflables afin de diriger le flux solaire vers l'astéroïde, échauffement de sa surface par rayons laser pour vaporiser ses roches et engendrer une poussée sont autant de possibilités, mais qui exigent une connaissance parfaite de la composition de l'astre.

 

18:36 Écrit par Georges Le Belge dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

nouveau livre/CD/DVD édifiant sur le sujet :
Taiga maya
www.taigamaya.com

Écrit par : Captain achab | 07/09/2010

Les commentaires sont fermés.